Nouvellement maman

Maman depuis un peu plus de trois mois, j’avance à l’aveuglette dans ma nouvelle vie. À coup d’essai et d’erreur, j’essaie de trouver l’harmonie entre les besoins de mon bébé et les miens. Certes les besoins de mon petit loup passent bien avant les miens mais je tente tout de même de ne pas totalement m’oublier dans la maternité.
Quand un petit être comme ça dépend totalement de vous, il est très facile de s’oublier. Entre les nuits écourtées, les boires et les changement de couches, il reste moins de temps et d’énergie pour prendre soin de soi. Pourtant, il est essentiel de continuer le plus possible à le faire. Bébé a besoin de dormir, de manger et d’être stimulé mais il a aussi besoin d’une maman reposée qui a un bon moral et qui aura l’énergie de bien s’occuper de lui.

Baby blues

Dès mon retour de l’hôpital après mon accouchement, j’ai été frappé par le très connu et très peu apprécié baby blues. Je pleurais constamment, je me dévalorisais sans cesse et je doutais fortement de mes capacités à être une bonne mère. Je pleurais pour toutes les raisons possibles et imaginables. Mon chum était meilleur que moi pour changer la couche et pour habiller bébé. Je réalisais qu’un jour bébé serait un jeune adulte et qu’il quitterait le nid familiale. Ou encore, bébé pleurait et j’étais incapable de le consoler.
J’étais épuisée et mon moral déclinait de jour en jour. J’ai eu très peur de faire une dépression post-partum. Ayant fait une dépression l’an dernier, j’étais plus à risque de faire une dépression après la naissance de mon bébé. Je n’ai pas tardé à aller consulter ma psychologue qui m’a confirmé que je faisais «juste» un baby blues et que c’était normal. Elle m’a dit que ça allait se tasser au cours des prochaines semaines. J’avais beaucoup de mal à la croire car je n’allais franchement pas bien. Mais je lui faisais confiance alors je suis retournée à ma vie de «maman incompétente». Il se trouve qu’elle avait raison, j’ai juste eu un un bon vieux baby blues. Je savais que ça existait, mais je ne savais pas que ça pouvait avoir une telle intensité.
Les choses se sont replacées, je me suis reposée et j’ai pris confiance en moi en tant que maman. Maintenant, je suis aussi bonne que mon chum pour changer les couches et habiller bébé. Je ne me projette plus aussi loin dans l’avenir alors j’arrête de penser qu’un jour bébé partira. Il arrive encore parfois que je sois incapable de consoler bébé mais je sais maintenant que ça n’a rien à voir avec mes capacités parentales.

Demander de l’aide

Quand nous sommes une nouvelle maman épuisée parce que bébé se réveille aux deux ou trois heures la nuit, un des conseils que nous entendons le plus souvent est de dormir quand le bébé dort. En théorie c’est merveilleux et ça semble tout à fait logique. Mais en pratique c’est parfois très différent. J’ai un bébé qui, au cours du premier mois et demi, ne dormait pas beaucoup le jour et jamais pour de longue période. Alors réussir à m’endormir pendant la demie-heure où il faisait une sieste était impossible. J’ai tout de même réussi à me reposer. Pour ce faire, j’ai dû renoncer à mon orgueil et demander de l’aide.
Pendant au moins le premier mois, ma mère, qui est à sa retraite, venait passer l’après-midi chez moi pour s’occuper de son petit fils pendant que sa fille dormait. Heureusement qu’elle était là pour m’aider sinon je n’aurais pas retrouvé mon énergie si rapidement. Une autre chose pour laquelle j’ai demandé de l’aide est la bouffe. Avant d’accoucher, mon chum et moi avions préparer de la bouffe à congeler. Mais j’ai aussi demander à des gens de nous en donner. C’est très pratique d’avoir des repas à réchauffer lorsque nous n’avons pas le temps ni l’énergie de cuisiner.

Prendre du temps pour soi

Généralement, pour pouvoir vraiment prendre du temps pour soi lorsqu’on est une maman, il faut demander à quelqu’un de s’occuper de notre enfant. C’est ce que j’ai fais de manière assez régulières pendant les premières semaines de vie de notre bébé. J’ai souvent laissé le papa seul avec son fils la fin de semaine. Pas pour tout le weekend, mais pour quelques heures. J’en profitais alors pour aller magasiner ou encore aller au resto. Sinon, je lui demandais de s’en occuper pour 2h00, le temps que je me fasse les ongles.
Parfois, je demande à ma mère ou à mes beaux-parents de venir garder afin que mon chum et moi puissions faire une sortie en amoureux. Depuis la naissance de notre bébé à la fin du moins de mai, nous sommes allés cinq fois au cinéma et une fois à Rivière-du-Loup pour manger sur une terrasse. Même lorsque nous sommes loin de notre bébé nous pensons beaucoup à lui et on parle de lui. Nous essayons tout de même d’avoir une conversation d’adulte qui ne tourne pas uniquement autour de notre vie de parents. Ces petits moments où on se retrouve tous les deux sont très importants pour nous. Il ne faut pas oublier qu’en plus d’être parents, nous sommes un couple. Il ne faut pas oublier non plus que nous sommes en premier lieu une personne à part entière avec nos envies et nos propres besoins qu’il faut tenter le plus possible de respecter.
STÉPHANIE VERRET
Publicités